livres, créations et réflexions diverses d'un professeur handicapé

26 février 2017

la nouvelle Anastasie: plus c'est bidon, plus c'est bon!

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Anastasie était autrefois le petit nom de la censure. Ces ciseaux implacables contraignaient la presse à découper des pans entiers d’articles qui pouvaient déranger le pouvoir en place ou la bien-pensance du public. Aujourd’hui, ce n’est pas la censure qui est notre plus grande menace mais le trop plein d’informations ou plutôt de pseudos informations. Car à notre époque, sur Internet, (sur l’air d’une chanson d’Hélène Ségara), on pourrait marteler « y a trop de gens qui savent ». Car bien sûr, tout le monde sait, et bien mieux que les journaux, bien mieux que l’ensemble des médias.

Les premiers pas sur la lune ? c’est du pipeau, ça été fabriqué par les studios d’Hollywood (Ce ne sont pas des effets spatiaux mais plutôt des effets spéciaux) ; les avions dans les tours jumelles ? Ils n’ont jamais existé et d’ailleurs, on montre une pseudo preuve sur des images bidons ; les attentats de 2015, itou c’est aussi une misérable carabistouille pour amuser, abuser la populace qui n’entrave rien et croit sur paroles les scélérates (qui se dilatent) chaîne d’infos. Cabu, Wolinski et les autres doivent être en train de se prélasser sur une île paradisiaque en compagnie de jeunes vahinés au moment où j’écris ces lignes…. Pfff  

Non, mais sérieusement, il va falloir arrêter de diffuser n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Oui, je n’ai pas honte de le dire, j’ai davantage confiance dans le canard enchaîné, dans Le Monde, dans Libé, le Figaro et d’autres journaux que dans ces sites internet qui sortent d’on ne sait où. Je préfère même les chaînes d’infos que des soi-disant médias qui dégoulinent d’approximations ou bavent des allusions racistes et xénophobes.

Certes, il y a toujours eu des sources d’information empoisonnées, des médias peu recommandables, prêts à toutes les bassesses pour le scoop. Ces journaux, on les appelait très gentiment (trop gentiment) des torchons. Mais jadis, ces feuilles de chou étaient clairement identifiées et peu nombreuses ; souvent leur nullité, leur caractère inepte voire leur abjection était connue. Aujourd’hui, la désinformation est multiple et protéiforme. Beaucoup de jeunes ne croient plus dans les médias classiques. Mais bon sang, pourquoi davantage croire en une information qui vient de nulle part, justement parce son origine est inconnue ? C’est comme si vous mangiez avec davantage d’appétit un plat, justement parce que sa provenance est douteuse. C’est complétement aberrant.   A bon entendeur…

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31 janvier 2016

La place (paradoxale) de la littérature classique

Source: Externe

Préambule

 

Suite aux attentats, je n’étais pas encore parvenu à mettre à jour ce blog, par manque d’énergie, de temps ; et surtout parce que j’avais l’étrange impression que ma parole s’était figée et que, désormais, je n’avais plus rien à dire. La blancheur du silence devait couvrir la rougeur et la hideur du sang. Heureusement, cette sidération ne pouvait durer éternellement, et aujourd’hui, je me sens le courage d’écrire un billet -le premier de cette année – sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

 

*

 

Nous sommes un grand pays de l’écrit. Un jeune homme colombien que j’ai connu m’a un jour dit combien il était étonné de voir tant de gens lire des journaux et des livres, dans les transports en commun, dans les lieux publics etc. Pour lui, cet appétit de lecture était une habitude très française qui n’existait pas dans les autres pays. Comment savoir précisément s’il avait raison ? C’est difficile à dire. Ce qui est sûr c’est que la place faite à la littérature dans notre société a évolué depuis une grosse cinquantaine d’années. La littérature  patrimoniale, en particulier a aujourd’hui un statut étrange. On continue à l’admirer, en quelque sorte par « ouï-dire » mais on ne la lit plus guère. Souvent grâce au cinéma, certains héros de la littérature survivent dans la mémoire collective, comme par exemple, Jean Valjean. Mais que ceux qui ont lu les misérables en intégralité lèvent le doigt...  Des noms d’écrivains restent encore un peu connus aussi, mais on ne sait plus les classer dans leur époque ou ne sait plus vraiment ce qu’ils ont bien pu écrire… Et comble du paradoxe… alors même que nombre de ses concitoyens ont une ignorance crasse de l’histoire littéraire, un homme politique de premier plan se doit d’ « avoir l’air » de s’y connaître un minimum, sous peine de se ridiculiser. Comment en est-on arrivé là ?

*

Il y a eu une époque, pas si lointaine où la culture classique faisait partie du « bagage » obligatoire de l’honnête homme voire du dirigeant ou de l’homme d’Etat. Charles de Gaulle était un grand lettré, admirateur de Chateaubriand, citant régulièrement Péguy, et étant capable de qualifier Zola de « prince de l’ordure », parce qu’il l’avait lu à son corps défendant (n’ayant rien d’autre à lire pendant ses mois de détention au fort de Douamont au cours de la première guerre mondiale).

 

Sa culture littéraire, le grand Charles, ne l’avait pas acquise. Il en était plutôt imprégné comme tout rejeton des familles bourgeoises de l’époque. Son successeur à la présidence de la république en 1969, Georges Pompidou était lui – fait unique à ce poste- carrément agrégé des lettres. Des générations d’étudiants ont d’ailleurs eu dans leur bibliothèque son anthologie de la poésie française, qui reste encore aujourd’hui un outil de travail commode que j’utilise régulièrement. Giscard aurait rêvé d’un destin (sans jeu de mot) à la Maupassant et Mitterrand connaissait Stendhal sur le bout des doigts.

 

Nos trois derniers présidents sont moins littéraires et c’est très symptomatique de l’évolution de la place de ce type de culture, qui n’est plus vraiment un « marqueur » social fort. Autrefois, ce n’était pas seulement les présidents de la république qui étaient lettrés, toute personne occupant un poste important ou même moyennement important se devait de l’être. Lors d’une interview, l’acteur Claude Rich s’est un jour souvenu avoir eu une discussion autour des pensées de Pascal avec un directeur d’une agence bancaire, à qui il venait solliciter un emploi.       

 

*

 

Effectivement, aujourd’hui, on ne lit plus guère de littérature classique, en  particulier parce qu’il n’y a plus suffisamment de lecteurs capables d’apprécier une langue très belle mais éloignée de nous et forcément difficile à comprendre, du moins en apparence. La littérature classique devient donc progressivement aux yeux du public un « machin » extrêmement élitiste et austère. J’en veux pour preuve cette anecdote. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de tomber sur une émission de télévision de type quizz et d’entendre une question du genre : « question à 100 000 euros : Chimène aime Rodrigue, Rodrigue aime Chimène mais ils ne peuvent pas être ensemble car » ; la question étant suivi de trois propositions A, B, ou C.

 

N’est-ce pas extrêmement révélateur ? On offre une somme astronomique pour une réponse qui est évidente à toute personne qui a une base de culture littéraire. C’est donc que cette base n’est plus aujourd’hui un socle commun à beaucoup de gens.

 

 Et une grande bibliothèque n’est plus aujourd’hui un bien prisé par la classe aisée. A l’heure actuelle, les éditions Galimard commencent à avoir de sérieuses difficultés à écouler certains volumes de la prestigieuse bibliothèque de la pléiade. Corneille ou Racine ne se vendent plus beaucoup, Aubigné, Boileau, Malherbe ne sont plus réimprimés… Quelle est à la catégorie de lecteurs qui, en 2016, est prête à investir de 50 à 80 euros dans un volume d’une grande qualité, tant sur la forme que sur le fond, mais relativement cher ? quelques fétichistes fortunés ou de rares passionnés, qui comme moi, se font plaisir une à deux fois par an ?

 

*

 

Il y a un désintérêt de plus en plus grand pour ce qui touche au langage et à littérature. Pourtant, chose étrange, dans notre pays, il est difficile de maîtriser totalement ouvertement notre patrimoine d’écrivains. Nous restons le pays de l’écrit. En avouant son dégoût pour la princesse de Clèves, Nicolas Sarkozy avait déclenché un tollé et s’était attiré, comme le dirait Charles Aznavour, lazzis et quolibets. Il a maintenant tellement peur de paraître ignare en littérature qu’il ose comparer son dernier livre à Phèdre de Racine, et qu’il cite Hugo.  Dernièrement, la ministre de la culture, qui a avoué ne pas avoir le temps de lire a aussi provoqué un petit scandale, sans gravité, mais tout de même…

 

*

 

Les écrivains, les auteurs gardent une place à part en France. On reste attaché, malgré tout, par une sorte d’atavisme culturel à notre beau patrimoine littéraire, patrimoine que bien peu connaissent, mais que beaucoup respectent comme un monument que l’on ose pas abîmer mais dont on ne saurait plus dire pourquoi il a été érigé. Je me souviens d’un jeune humoriste présentant un sketch voulant se moquer de Molière, sans visiblement le connaître. Le résultat était poussif, ennuyeux et bêtement méchant. Comment rire d’un si glorieux modèle dont on ignore tout ? Il devient urgent de défendre un bien commun qui va bientôt entrer, si nous ne faisons rien, dans l’antichambre de l’oubli. S’il est si honteux pour une certaine élite, de faire montre d’ignorance crasse en littérature, c’est qu’il subsiste un espoir. Notre mémoire collective garde encore une place, un strapontin,  à ces noms, presque oubliés. Ne les abandonnons pas.      

 

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10 janvier 2015

Chapeau bas aux irrévéren-cieux !

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J’ai été profondément bouleversé, profondément meurtri dans ma chair, dans mes convictions les plus profondes et les plus intimes, ce jour noir du 7 janvier 2015. Et si Dieu existe, il a forcément dû avoir un chagrin aussi grand que Lui, en voyant que l’on massacrait des innocents en son nom. Volontairement, je ne parlerai pas de religions mais, disons d’un mot, que chacun a le droit de croire en son Dieu ou à ses dieux, c’est éminemment respectable. Supposons un instant qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, adoré par une multitude de gens, de cultures, de convictions et de pays différents. Je ne suis pas le premier à émettre cette hypothèse. Eh bien, admettons qu’il existe l’espace de quelques minutes.  Je ne peux pas envisager et même imaginer que ce Dieu –là soit sans souvenir, sans humour et sans amour de la liberté. Non s’il y a un Dieu, il a une immense mémoire, il sait rire et il nous veut libre. 

*

Un Dieu amnésique est inconcevable. Comment pourrait-il oublier toutes les preuves d’amour qu’on lui a données qui n’étaient que des massacres ? Comment aurait-il pu oublier l’horreur inouïe des guerres de religions au seizième siècle, pour ne citer qu’un bain de sang parmi tant d’autres ? Quelle étrange expression que « bains de sang » car ces « bains » ne lavent jamais rien ; au contraire,  ils salissent à jamais ceux qui y trempent, et ces taches, ces crimes éclaboussent leurs descendants pendant des générations…

Un Dieu amnésique est inconcevable aussi car sur un registre plus léger, il n’a pas pu oublier l’enfant que j’étais, les enfants que nous étions, nous les vieux trentenaires ou les quadras qui regardions en se bidonnant, à la télévision, l’éternel gamin Cabu caricaturant avec tendresse le nez de Dorothée dans l’émission récré A2… Ce « nez » de Cabu n’a pas changé la face du monde mais il a embelli nos mercredis après-midi, ce qui est déjà énorme. J’avoue avoir perdu la trace du crayon feutre de ce dessinateur pendant pas mal d’années, avant de la retrouver régulièrement dans les pages du canard enchaîné. Et ironie de l’histoire, depuis quelques semaines, j’ai affiché chez moi un dessin de Cabu piqué au palmipède, où l’on voit justement Cyrano et son nez…  Non la Mort n’a pas eu de pif, Elle, de venir le chercher, notre Cabu, car c’était encore un enfant rieur, et il n’y a rien de pire que de tuer un enfant qui rit et qui sait faire rire les autres.

*

Ils avaient d’ailleurs tous ça en commun les dessinateurs qui ne sont plus là. Ils avaient un goût ou plutôt un don pour le rire et la satire. Et que c’est important la satire !… et que c’est important de savoir se moquer !  Dieu, s’il existe est un être parfait et il doit être le premier sur son escabeau céleste à plaisanter son Immensité divine, en répétant les mots écrits par Victor Hugo : « ma Grandeur n’atteint pas jusqu’à l’étagère » .

Dieu, s’il existe, doit être mortifié de voir qu’il y a trop de choses sacrées en ce monde. Si le Rire ne doit jamais inciter à la haine, il ne doit pas non plus avoir d’autres bornes. On peut quasiment se moquer de tout, et personnellement, moi, j’aime qu’on se moque. D’ailleurs, j’aimerai surtout- mais c’est un rêve inaccessible- que les handicapés –dont je fais partie- soient davantage la cible des humoristes et des satiristes les plus virulents. Moquez-vous des infirmes, que diable ! Vous ne le faites pas assez ! Nous ne sommes pas « intouchables » et encore moins « sacrés » ! Je prends soin souvent de faire comprendre à mes élèves, et j’y reviendrai certainement dans un prochain billet, la différence entre l’irrespect et l’irrévérence. L’irrespect qui attaque les personnes individuellement doit être combattu, l’irrévérence qui s’attaque à la connerie universelle doit être défendue  à toute force, sous peine de voir crouler immanquablement toutes les bases de notre nation républicaine, éprise de liberté.

*

            Et s’il y a un dieu qui existe quelque part, il l’a forcément inventée cette liberté qui nous est si précieuse. Dans ce cas, je ne peux pas me résoudre à croire qu’il ne la garderait que pour lui cette liberté, comme un diamant enfermé dans une boîte hermétique, un bijou qui brille de mille feux mais qu’on ne voit jamais. Je crois au contraire, que s’il y a un dieu, il n’a inventé la liberté que pour la partager. C’est un bien trop précieux pour que ce bien, il se le garde pour lui tout seul. Dieu est certainement partageur et la liberté, il voudrait la donner à tout le monde. Au fond, Dieu, s’il existe, c’est un chic type, j’en suis sûr.

Alors, je pose la question. Pourquoi y a t-il tant de violences en ce monde, tant d’atteintes aux libertés fondamentales ? Il ne peut y avoir qu’une seule explication, à ce phénomène. Il y a peut-être un dieu bon, mais il y a surtout des hommes cons. Si comme le croient certains, dieu a fait les êtres humains à son image, la photocopieuse devait être en panne, ou sur le point de l’être, car la copie ne ressemble à rien. Le résultat me fait penser à une photographie sortie de mon imprimante lorsqu’il manque une cartouche. Dieu doit être en train d’attendre le dépanneur de la photocopieuse depuis des milliers d’années. Bonjour le service après-vente !

*

On en conclura de tout ça que les âneries, les crimes, les saloperies ; que toutes ces horreurs et erreurs, baptisées ou sans nom, ne sont imputables qu’aux hommes et à leur cerveau minuscule, tout ratatiné. On en conclura aussi que la justice, la vérité et la liberté sont aussi aux mains des hommes, et que toutes ces valeurs des Droits de l’Homme ne doivent pas être mises sous cloche. On ne doit pas les admirer béatement, mais on doit s’en servir, comme contrepoids à la haine et à l’obscurantisme… obscurantisme qui se réveille frais et dispos - comme un monstre endormi depuis longtemps-  et qui a très faim. La mort de ces dessinateurs doit nous servir d’avertissement, de coup de semonce. Serrons notre idéal contre nous, pour le protéger et avoir chaud. Nous le portons en nous et sur nous, comme un manteau qui ne s’usera jamais. Et si on nous fait du mal, si on veut nous dévêtir de tout ce que nous sommes ; à poil, il nous restera pour seul arme : le rire. Poilons-nous. Alors, malgré l’adversité, malgré le sang, malgré les armes, nous resterons des Hommes.

Chapeau bas, chers amis disparus que je n’ai pas eu la chance de connaître. Vous étiez un peu de ma famille de cœur ; chapeau bas princes de la satire, Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré ; salut respectueux aussi à tous les autres innocents assassinés cette semaine. S’il y a un dieu, quel que soit son aspect ou sa langue, vous êtes certainement près de lui à l’heure qu’il est.        

 

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07 janvier 2015

un modeste poème contre la barbarie

 

Source: Externe

pour Charlie Hebdo

Nous serons calmes, sans haine et soudés

comme les millions de doigts d'une main gigantesque

pour faire face fièrement à cette folie grotesque

qui veut faire couler le sang et nous inonder

 

nous serons soudés, calme et sans haine

pour redire notre amour de la liberté

et si on nous met l'Enfer aux pieds

nous briserons à nouveau cette chaîne

 

nous serons soudés, sans haine et calme

il n'y aura pas un bruit nos cœurs diront tout

et ils seront vraiment notre seule arme

car il vaut mieux se taire face aux fous

 

nos cœurs diront

on peut se moquer de tout

mais pas de la liberté

mais pas de l'égalité

mais pas de la fraternité

 

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27 septembre 2014

Le tout c'est d'arriver (ou presque)!

 

Source: Externe

 

Le retour d’un ancien président de la République, mélomane à l’oreille aiguisée, lecteur de Classiques du XVIIième siècle, et célèbre hausseur d’épaules, m’inspire ce petit billet. Car je suis fasciné de le voir déployer tant d’énergie pour revenir et abattre ses rivaux. C’est un lutteur et il va lutter, comme un nageur en mer, surpris par la tempête qui met toute son énergie pour rejoindre la côte sain et sauf. C’est un lutteur et il va lutter, mais pour quoi faire, au juste ? De nouveau diriger son parti, de nouveau diriger son pays ? Cela peut-il être le but d’une existence de simplement « arriver » aux plus hautes fonctions, si une fois qu’on y est, on en fait que peu de choses ?

En effet, une dérive dangereuse de notre classe politique actuelle est de consacrer l’essentiel de son temps et de son énergie à se faire élire, alors que le but d’un élu n’est pas de garantir sa future élection, mais de travailler au bien commun de ses concitoyens – en un seul mot et pas deux-.

Ce serait un peu comme si un boulanger avait mis toute sa bonne volonté et son intelligence à devenir boulanger, et qu’ensuite, une fois son diplôme  obtenu, il ne faisait que du mauvais pain par paresse et manque d’implication… C’est comme si un professeur (il y en a) avait travaillé sans relâche pour le devenir, et ne faisait ensuite que le minimum  (je ne dirai jamais de nom, même sous la  torture…)  en méprisant ses élèves car lui, maintenant est arrivé, et ne fait plus aucun effort…

Mais ne nous méprenons pas, faire bien un métier est une tâche bien plus ardue que d’obtenir une place… Accomplir une mission, toujours la même, voilà le vrai défi… Car pour l’accomplir au mieux chaque jour, il faut savoir se renouveler, se remettre en question ; c’est-à-dire changer sans avoir besoin de le dire…                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

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04 mai 2014

je suis très yaourt!!!

Source: Externe

ceci n'est pas un yaourt^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 

L’autre nuit (non, ce n’est pas vrai, c’est inventé !), j’ai fait ce cauchemar. Je faisais des courses avec mon petit cabas sous le bras et j’achetais tour à tour : six yaourts au lait entier, un kilo de yaourts cerises pour manger en salade, une tranche de yaourt taillé dans le filet (origine certifiée de la viande de yaourt : France), du jus de yaourt à base de yaourt concentré, un gâteau aux yaourts nappé d’arôme yaourt chimique, des boulettes de yaourt trempées dans du yaourt pour accompagner  le steak de yaourt… Et le cauchemar a continué: je suis sorti du magasin pour monter dans mon yaourt décapotable ; j’ai filé à toute allure et je me suis finalement fait arrêter par un yaourt en képi qui était chargé de la circulation dans cette partie du yaourt urbain.

Vous remarquerez aisément que raconter une histoire en utilisant toujours le même mot est au mieux un procédé amusant, et au pire, une paresse de l’esprit qui rend le propos incompréhensible.  Pourtant, cela n’empêche pas de plus en plus de gens d’appeler un chat, un chat ; un chien également un chat ; et un canard de même… Je m’explique…

Les mots qui désignent des objets précis ne doivent pas être employés pour désigner d’autres objets précis, sinon il ne nous reste plus qu’à brûler tous les dictionnaires et même à appeler ces dictionnaires des annuaires ou des livres de compte… Vous ne voyez toujours pas bien où je veux en venir ? Je le vois dans vos yeux, chers lecteurs fidèles à ce blog, mais pour le moins perplexes… Pour éclaircir la chose (si tant est que les mots soient des choses), prenons un exemple et revenons à notre yaourt initial.

Ce dessert lacté répond à une définition précise qui est la suivante : «  Préparation de lait, de vache ou de brebis, caillé, non égoutté et fermenté. » (Merci à mon pote le grand Robert, qui est toujours à la page). Alors bon sang de bois, ça m’échauffe, ça me gonfle, ça me révolte, ça me fiche en rogne, pourquoi crénom de nom, pourquoi quand je demande un yaourt du réfrigérateur, on me dit fort aimablement qu’il n’en reste qu’un et on me rapporte la bouche en cœur un yaourt qui en fait n’est autre qu’une crème dessert, un flan, un fromage blanc ou tout autre machin à base de lait voué à être dégusté en fin de repas ???

Mon frère qui travaille dans l’agroalimentaire précise souvent qu’il fabrique des « mousses » ( au chocolat  ou à d’autres parfums) et d’aucuns ont coutume de lui rétorquer : « Ah bah, tu fais des yaourts, alors ! »

Eh bah non, je suis navré de le dire et de crier mon exaspération : « Ce n’est pas la même chose ! » Comment peut-on continuer à s’exprimer avec justesse et clarté dans ces conditions? Comment peut-on élaborer des concepts complexes si le vocabulaire tend toujours à se réduire comme peau de chagrin ?

Car martelons-le : un gilet n’est pas un pull ou une chemise ; un comprimé n’est pas une pilule ou une gélule ; une barque n’est pas un radeau ou une planche un voile ; un homme n’est pas un cheval ou un âne… quoique pour le dernier exemple, je ne suis pas sûr… L’homme est parfois un cheval avec ses gros sabots mais le plus souvent, il est un âne… (Ce qui du reste n’est pas une très sympathique comparaison pour ces courageux quadrupèdes)

Ce qui est inquiétant, ce n’est pas tant que le vocabulaire soutenu ne soit plus trop en usage. Cette évolution paraît inévitable. Le langage écrit s’appauvrit grandement, la phrase complexe avec (plusieurs) subordonnées est une espèce en voie de disparition dans les romans contemporains qui sont d’ailleurs, pour la plupart écrits au présent.  Mais ce qui est plus alarmant, c’est de voir comment le parler de tous les jours se rabougrit, se rapetisse. Bientôt, dans nos salons (qui seront bientôt de simples pièces), on n’aura plus de divan, de sofa, de canapé, de clic-clac ou de fauteuils ; tout sera appelé « chaise »ou peut-être que le mot « canapé » sera utilisé pour désigner tout autant la table basse que l’étagère, qui sait ?

Déjà que j’étais bien triste de vivre dans une France où officiellement, il n’y a plus de demoiselles… que vais-je faire sans tous les mots qui étaient mes compagnons de jeu depuis l’enfance ? Aidez-moi à les retenir encore un peu, aidez-moi à ne pas les voir mourir entre les pages d’un dictionnaire poussiéreux et oublié… Aidez-moi s’il vous plaît. Employez-les.

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22 février 2014

Aimons la vie « de toutes nos forces » ! (critique de film)

Source: Externe

L’histoire d’un fils et d’un père handicapé(s) ou l’inverse ! *

 

Mon premier message de l’année sera consacré à un film que j’ai vu en avant-première le vendredi 14 février. Il sort officiellement le 26 mars et s’intitule « de toutes nos  forces » Je vous recommande d’aller le voir car il s’agit d’un très beau long métrage sur la relation père-fils. Le père, c’est Jacques Gamblin, une belle « machine à jouer » qui ne déçoit jamais et qui surprend toujours par la justesse de son interprétation. Le Fils, c’est Fabien Héraud, un  jeune acteur qui apparaît pour la première fois à l’écran et qui est la grande révélation de ce film. A propos de révélation d’ailleurs, je vous en fais une autre au passage : Fabien Héraud, tout comme Julien, le personnage qu’il incarne, se déplace en fauteuil électrique et est en situation de handicap. Et moi, je suis en situation… de vous raconter le synopsis du film.

 

Le sujet

 

Julien est un (grand) adolescent qui est certes handicapé mais a aussi des rêves, des désirs, peut-être même des fantasmes (non !?) parce qu’il est… figurez-vous… comme tout le monde… Son père, ne sait pas comment se comporter avec lui, ses gestes reflètent toute la maladresse de sentiments qu’il n’a jamais su exprimer. Car comme on dit, c’est un père absent ou il a toujours fait en sorte d’être absent pour ne pas s’occuper de son enfant et laisser tous les soucis entre les (jolies) mains de la mère (Alexandra Lamy). Lequel des deux est le plus handicapé dans l’histoire : le père ou le fils ?

 

Pourtant à force de persévérance et de péripéties que je vous laisse découvrir, le fils va réussir à convaincre le père de participer avec lui à un triathlon où ils iront tous les deux au bout d’eux-mêmes, émotionnellement et physiquement.

 

Dix raisons d’aller voir ce film

 

  1. La grande intensité de jeu de Fabien Héraud. Il a été extrêmement bien dirigé par le réalisateur Nils Tavernier qui a su capter, chaque parcelle  d’émotion, chaque soupir, chaque mouvement de paupière significatif en usant, sans abuser, du gros plan.

  2. La justesse du jeu de Jacques Gamblin qui trouve ici un très beau rôle.

  3. La sobriété du jeu d’Alexandra Lamy qui, cela n’a pas été assez dit, se bonifie avec le temps, et donne une grande profondeur a ce personnage de mère.

  4. La subtilité des liens père/fils évoqués dans l’histoire.

  5. L’humour et la joie de vivre qui sont présents tout au long du film. Répétons-le pour ceux qui doivent se faire déboucher les synapses : lorsqu’on est handicapé, on aime la vie et on veut goûter à tous les plaisirs de la vie…

  6. L’intensité et l’émotion qui se dégage lors du récit de la compétition sportive. On y croit et on vibre en même temps que les personnages….

  7. La réalisation du film est de haute tenue : les plans sont léchés, le montage est très soigné, le scénario promet des rebondissements…

  8. Le film donne une vision plus juste du handicap qu’un autre film à (très) gros succès, sorti il y a quelques temps…. (Ah bon, lequel ???)

  9. Il s’agit du premier film (selon moi) où un personnage en fauteuil électrique est joué par un « vrai » acteur handicapé.

  10. Allez le voir puisque je vous dis que ça vaut le coup ! (Ce sera certainement l’argument décisif !!!)     

* l'inversion dans le titre est voulu... vous pensiez quoi?

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24 décembre 2013

joyeux noël et bonne année

chers amis, honorables visiteurs,
je vous souhaite à tous un très joyeux Noël une excellente année 2014. Plus que jamais cette nouvelle période qui s'ouvre sera une période où il faudra choisir un camp. Je n'ai jamais été militant mais les événements à venir décideront pour moi. Beaucoup d'entre vous n'ont jamais milité mais ils devront bientôt choisir entre deux visions du monde: celle de l'intolérance, de la haine et du mépris de l'autre; ou celle du partage, de la solidarité et de l'espérance en l'être humain. Le repli sur soi n'est jamais la solution, le rejet de l'autre conduit inévitablement au malheur. Pensez-y lorsqu'il sera temps de faire des choix cruciaux... Mais pour l'instant, je vous souhaite tout le bonheur possible en famille et entre amis. Joyeuses fêtes à tous et encore très bonne année 2014.

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30 novembre 2013

champignons academy: la télévision et ses moutons de Panurge

 

 

Suivez la suite des suiveurs qui va suivre…

NB: j'ai besoin d'aide pour compléter le tableau qui va suivre. J'en appelle aux bonnes volontés.

Source: Externe

J'aurais ainsi obtenu un effet de démodé, à aussi bon compte et de la même façon que cet acteur du Palais-Royal à qui on demandait où il pouvait trouver ses surprenants chapeaux et qui répondait : « Je ne trouve pas mes chapeaux. Je les garde. »

Proust, à la recherche du temps perdu, II, première partie.

 

Comme vous sçavez estre du mouton le naturel, tous iours suyvre le premier, quelque part qu’il aille.

Rabelais, Pantagruel, XVIième siècle (1532)

 

 

 

Ah ce fléau du genre humain que l’on appelle la mode !… Ce n’est pas peu dire que j’ai toujours détesté ça. Il suffit qu’un sombre couturier célèbre décide que cet été sera bleu turquoise, et tous les gens soucieux de ne pas avoir de personnalité se mettront à s’habiller de cette couleur. Rappelez-vous , il y a quelques mois, c’était la furie autour du legging imprimé noir et blanc. Beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes s’étaient jetées dessus en oubliant leur cerveau au vestiaire… Mais quel besoin ont les individus de vouloir faire comme tout le monde. Notre planète n’est pas un jeu de dames où tout n’est fait que de carrés identiques et de pions interchangeables. Quel besoin a-t-on de vouloir se ressembler et de se fondre dans un moule ?

 

Et parlons-en des moules, des pelles à tartes et des robots mixeurs. En particulier de ceux et de celles qui sévissent aujourd’hui sur notre petit écran pour nous gaver jusqu’à la nausée d’émission culinaire. Car la télé n’est pas en reste quand il est question de faire comme sa voisine : les chaînes (en bonnes fourmis) ne sont sûrement pas prêteuses mais copieuses… Revue de détail des copiages de ces dernières années (je vous laisse compléter les modes que j’oublie au passage) :

 

Mode

principe

Noms d’émission

Loft

Enfermer des beaux mecs et des jolies filles pour les voir entendre dire des inepties et se mettre dans des situations prévues à l’avance…

Loft story…

( à compléter selon vos souvenirs, je ne les regardais pas)

 Connu(rie)

Filmer 24/24 des gens qui étaient très connus avant (ils sont moins chers) et nous raconter une vie sans aucun intérêt

La ferme célébrités (Célébrités, la ferme !!!!), une autre avec Joey Starr dont j’ai oublié (heureusement) le titre… (Plus récemment, une autre sur la life de Mlle Alloquoi)

Crétins des îles

Pseudo émissions d’aventure où les candidats affrontent seuls des épreuves sécurisées en compagnie de cinquante techniciens, trente caméras et un médecin…

Koh lanta

(je mets aussi ici le genre « tentation », les émissions de dégommage de couples)

La petite émission dans la prairie

Emissions qui fleurent bon le purin en boîte

L’amour est dans le pré… et ses déclinaisons…

 

Déco (ratés et rateurs)

Emissions où l’on refait pour vous…

(votre maison, votre voiture…)

D&co et ses clones sur les autres chaînes… pimp my ride (pour les voitures)

(Le concept où l’on refait votre compagnon ou votre femme gratuitement n’a pas encore été tenté)

Voix de garage et danseurs sourires

On y recherche le meilleur chanteur, danseur, la meilleure chorale, le meilleur chanteur a cappella… (pour les casseroles s’abstenir, votre émission arrive bientôt…)

The voice

La plus belle danse…

Et beaucoup d’autres où le pire côtoie du moins bon…

Casseroles de ta vie…

La mode actuelle des émissions de cuisine où à défaut du meilleur enfumage télévisuel, on cherche le meilleur rouleur de farine

Top chef

Qui est le meilleur pâtissier ?

 

 

 

A la lecture de ce tableau (qui est à compléter), on constate que le boulot des programmateurs n’est pas de chercher des idées, mais de chercher ce qui pourrait être copiable à moindre frais chez le voisin et que cela ne se voit pas trop…Pour les aider un peu, je leur propose de lancer plusieurs autres modes. Après celle du programme court qui perdure encore (un gars une fille, caméra café, vestiaires, bref, y’a pas d’âge…), je suggère de mettre en chantier des programmes long : des séries sentimentales de douze heures par épisode avec un baiser final s’éternisant six heures en plan fixe… j’imagine aussi une vague d’émission avec des gens laids (moche academy, la laideur est dans le pré, le pire danseur de France), je rêve enfin d’émissions sur les champignons : champignons academy, la cueilleuse de champignons et ses princes charmants, la chorale des petits bouffeurs de bolets… A quand la prochaine mode ? Messieurs les directeurs de chaîne, par pitié, faites appel à l’innovation et à l’audace, et fuyez comme la peste le copiage bête et inutile. Peut-être qu’alors, vous retrouverez le public qui n’est plus derrière son petit écran !!!  

 

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23 novembre 2013

Requiem pour un (très) bon réalisateur: Georges Lautner est mort

Source: Externe

Requiem pour un (très) bon réalisateur

Georges Lautner est mort.

J’avais prévu de mettre à jour le blog en vous parlant d’un tout autre sujet, mais une triste actualité m’oblige à prendre la plume de l’oiseau qui pleure car le réalisateur Georges Lautner vient de mourir à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie qui aura paru bien courte aux amoureux du septième art. En effet, comment pourrais-je ne pas évoquer ce brillant artisan populaire de la peloche, qui pendant cinquante, soixante ans, enchanta tant de gens dans les salles obscures ? Moi qui aime tant notre cinéma français et franchouillard, parfois si décrié, je ne pouvais que saluer bien bas celui dont la caméra épaulée souvent par le parler pittoresque, argotique – et réinventée-  d’Audiard parvint sur plus d’un demi-siècle  à nous pondre une palanquée de films inoubliables comme le Guignolo ou les tontons flingueurs.  Ce film dont on a fêté – ironie du sort !!!- les cinquante ans il y a quelques jours, restera sans doute dans les mémoires et risque d’éclipser d’autres œuvres très réussies dont certaines – peu nombreuses, certes- ont une tonalité et une facture très personnelles.

*

I Le film du dimanche soir

Pour les gens de ma génération, Lautner restera lié au souvenir du film du dimanche soir sur TF1, lorsque cette chaîne était encore… une chaîne. A l’époque, les diffusions des films du duo Lautner/Belmondo battaient des records d’audience… Rappelez-vous de quelques titres : flic ou voyou, joyeuses pâques, le professionnel. C’est surtout le dernier cité qui a marqué mon adolescence… Belmondo y apparaît en surhomme, en Bruce Willis avant l’heure… et surtout il meurt à la fin… A le revoir aujourd’hui, je me dis, que comme toujours chez Lautner, la réalisation est efficace et le montage assez nerveux, mais je m’aperçois aussi que le  scénario n’est pas toujours à la hauteur et que certaines scènes tombent à plat… Qu’importe, l’objectif est atteint : divertir.

II Un cinéma populaire

Car « divertir » est bien le maître mot de ce cinéma qui s’adresse à tout le monde. Georges Lautner n’aurait sans doute pas renié le principe énoncé par les artistes du XVIIième siècle, principe qui se résume ainsi : « l’objectif principal de l’art est de plaire. » Lautner veut « plaire » en effet et ne se définit donc pas comme un auteur dans le sens de l’expression « cinéma d’auteur ». Il l’a dit dans plusieurs interviews : « j’ai d’abord fait du cinéma pour vivre », comme n’importe quel autre métier. Dans ces conditions, il est facile de comprendre pourquoi son travail d’artisan de la pellicule a été tant incendié par les critiques, « les intellos » du cinéma ; et a contrario tant applaudi par le public.

 

III Lautner : artisan ou artiste ?

Le public aimait le cinéma de Lautner car il ne se moquait pas des gens et proposait des divertissements de grande qualité, c’est-à-dire avec de réelles qualités cinématographiques. Pour étayer ce propos, je ne parlerai pas des tontons flingueurs, œuvre évoquée maintes fois ailleurs et qui reste pour moi, avant tout, un tour de force du dialoguiste Michel Audiard. J’évoquerai plutôt le pacha (1968) avec Jean Gabin, qui tout en restant du cinoche à la portée de tous, tout en s’appuyant sur des dialogues brillamment drôles  est un très bel exercice de style du réalisateur.  Dans ce long-métrage, la mise en scène et le montage sont avant tout au service de l’ironie du propos : les truands touchés à mort baignent littéralement dans les pots de peinture, le café bouillant siffle pour cacher le bruit d’une balle, la voix de Brigitte Bardot se noie sur sa Harley Davidson… Car chez Lautner, même si tous les acteurs jouent  leur partition au premier degré, la grosse déconnade salvatrice n’est jamais loin. Tout cela demande une sacrée dose de maîtrise et pour tout dire un tel talent qu’en réalité Lautner, malgré ce qu’il en disait, était et restera un « auteur » à sa manière.

IV Chapeau, l’artiste.

Eh oui, car qu’on se le dise –enfin-, Lautner n’était pas qu’un simple artisan de talent. C’était un grand réalisateur. Deux films un peu à part dans sa filmographie nous le rappellent. Le premier, chronologiquement est le septième juré (avec Bernard Blier). C’est l’histoire d’un homme qui a violé et tué une jeune fille et qui devient juré au procès de celui qu’on accuse à sa place. Le remake récent qui en a été fait sous forme de téléfilm (avec  Jean-Pierre Daroussin dans le rôle-titre) ne démérite pas, mais n’est pas à la hauteur, loin s’en faut, de l’œuvre de Lautner. Dans la version de 1961, je me souviendrai toujours de la manière qu’à le réalisateur d’utiliser la voix off pour nous faire pénétrer dans les tourments psychologiques du personnage d’assassin joué par Blier. Et la mise en scène est parfaitement structurée et limpide de bout en bout… Et que de beaux plans en noir et blanc ! Brillant ! Un autre film, connu des afficionados de Georges Lautner, est sur la route de Salina. Celui-ci, je ne l’ai malheureusement jamais vu, tant il est difficile à trouver (VHS d’occasion 70 euros) mais il considéré comme un grand film par certains et il a inspiré les cinéastes de la nouvelle génération (comme Joel et Etan Coen, ou Quentin Tarantino).

*

En quelques mots, j’ai voulu rendre hommage à un homme qui a tant fait pour nous divertir mais qui risque d’être oublié trop rapidement car il a été toute sa vie derrière la caméra, et non pas devant, en pleine lumière. Pensez à lui la prochaine fois que vous rirez devant le second degré des tontons flingueurs ou de ne nous fâchons pas ! C'est la moindre des choses...

 

                                         

Posté par plumehandic à 16:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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