Claude Rich - Wikipédia

Claude Rich passe les premières années de sa vie à Strasbourg, jusqu'en 1935, puis il emménage avec sa mère et ses trois frères et sœurs, à Paris, au 95, boulevard Saint-Michel après la mort de son père, ingénieur de métier, victime à 40 ans de la grippe espagnole.

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La mort de l’acteur Claude Rich et plus particulièrement le relatif silence des médias à ce sujet m’amène à m’interroger au sujet de la place que nous accordons, aujourd’hui, à notre cinéma national. Tout d’abord, rectifions une approximation : il est inexact de dire que les chaînes d’infos n’ont pas évoqué Claude Rich, elles l’ont fait et même en forçant le trait, déclarant que son décès avait provoqué une « vive émotion » tant parmi les gens du spectacle que parmi le public. Sauf que dans les reportages diffusés, on se rendait compte que ce que les journalistes disaient était en partie bien exagéré. Sans doute que sa mort a provoqué une onde de choc dans le petit cénacle parisien du cinéma, mais que dire du quidam, du spectateur lambda ?

En guise d’hommage du public, je n’ai vu que des micro micro-trottoirs : par exemple, un couple quadra/quinqua qui ne souvenait que de deux films de l’acteur décédé et qui, pressé de questions, évoqua la voix si reconnaissable de l’artiste. C’est bien pauvre pour un « émoi » si grand…

Je crois que ces hommages assez minables sont révélateurs du fait que la disparition d’un comédien français, même très important n’a pas aujourd’hui le retentissement que cette disparition pouvait avoir il y a encore vingt ans. Je me souviens, en particulier des décès, il y a dix ans de Philippe Noiret ou de Michel Serrault. Sincèrement, on en avait très peu parlé, compte-tenu a priori de la célébrité et de l’aura de ces immenses personnalités : par acquis de conscience, on avait quand même diffusé l’un de leur film en deuxième partie de soirée… et puis, basta ! ou quasiment… Bien souvent, aujourd’hui, lorsqu’une chaîne « bouleverse ses programmes » pour rendre hommage, elle change une émission à vingt-trois heures ou minuit.

Je vois deux explications à ces hommages au rabais. Peut-être qu’il est difficile aujourd’hui de changer un programme au dernier moment, en raison du dictateur publicitaire, monarque absolu, qui rend bêtes et serviles de plus en plus de médias. Mais cette explication ne me satisfait pas ou plutôt, cette première raison est la conséquence de la seconde qui est je pense, celle-ci : Si une chaîne programmait un hommage à un vieux comédien, trop peu de gens regarderait pour que cela soit rentable. Une chaîne de télévision ne peut pas programmer un film, uniquement pour un public de vieux cons dont j’ai l’honneur de faire partie.

Or aujourd’hui, les jeunes – c’est-à-dire les moins de vingt-cinq ans- ne connaissent plus Claude Rich, non seulement parce qu’ils ne connaissent plus les vieux acteurs mais aussi parce qu’en général, ils ne connaissent plus le cinéma français. Demandez-leur de vous citer deux acteurs français actuels. Ils répondront : - Heu Jean Dujardin ? Quant à leur panthéon - de poche -des comédiens français morts, il ne comporte bien souvent qu’un nom : Louis de Funès, car c’est le seul comique de jadis qui nous permet de revoir sur la TNT des films de cinquante ans et plus… Ce qui est, de nos jours, un exploit.

Claude Rich n’est donc plus assez connu d’un large public pour mériter un hommage décent. Notre bon vieux cinéma n’est plus connu. Pourquoi cette désaffection? L’omniprésence de la culture US et de son cinéma pré-fabriqué voire pré-mâché est une explication mais n’est pas la seule. Le cinéma français actuel est perçu par les jeunes comme trop intello ou trop beauf ou trop bavard. Le vieux cinoche, quant à lui, est purement et simplement ignoré car nous vivons une telle accélération de nos rythmes de vie que tout ce qui a plus de cinq ans paraît ringard et has-been. Nous sommes dans l’ère de l’obsolescence frénétiquement programmée, pas seulement pour la technologie mais aussi pour les films.

D’ailleurs, cette course à la technologie rend aussi la vie dure à notre patrimoine cinématographique. Car, comment regarder dans de bonne conditions un film de 1931 (Marius de Pagnol, par exemple) sur un téléviseur 4k HDR dernier cri ?   On remarquera au passage que la diffusion de films en noir et blanc à quasiment disparu à la télévision, lors de l’avènement de la TNT.

L’avenir est-il totalement sombre ? Je ne le crois pas car notre cinéma est loin d’être mort.  Il faut croire encore à l’exception culturelle française et au cinéma français sous toutes ses formes. L’avenir appartient aux génies créateurs du futur. A bon entendeur…